Japon

Parc national Fuji-Hakone-Izu : Le volcan iconique du Japon

Établi 1er février 1936
Superficie 1 227 km²

Note : Bien que le mont Fuji soit la pièce maîtresse, ce guide se concentre sur la zone d’Hakone du parc, la principale plateforme d’observation et destination de villégiature.

Le parc national Fuji-Hakone-Izu est une étude dans la beauté volcanique. S’étendant sur les préfectures de Kanagawa, Shizuoka, Tokyo et Yamanashi, il comprend l’emblématique mont Fuji, les Cinq Lacs, la péninsule d’Izu et les îles d’Izu. Mais pour de nombreux voyageurs, « Hakone » est synonyme de l’expérience du parc. Situé dans un immense cratère volcanique, Hakone offre un voyage japonais classique : emprunter un train à crémaillère à travers les montagnes, survoler des fumerolles sulfureuses sur un téléphérique, croiser un lac de cratère sur un bateau pirate, et terminer la journée à tremper dans un onsen (source thermale) avec une vue sur le sacré sommet du Japon. C’est un endroit où géologie, histoire et relaxation s’entremêlent harmonieusement.

La boucle d’Hakone

La meilleure façon d’explorer le parc est de compléter la « Boucle d’Hakone », un circuit qui utilise cinq modes de transport différents.

  1. Le train de montagne Hakone Tozan : Le plus ancien chemin de fer de montagne du Japon zigzague sur les pentes escarpées depuis Hakone-Yumoto jusqu’à Gora, utilisant des lacets pour gagner de l’altitude. En juin, la voie est bordée de milliers d’hortensias en fleurs.
  2. Le funiculaire Hakone Tozan : Un funiculaire raide qui monte les visiteurs de Gora à Sounzan.
  3. Le téléphérique d’Hakone : Une télécabine qui vous transporte au-dessus de la vallée fumante et jaune d’Owakudani. Par temps clair, le mont Fuji se profile à l’horizon — un spectacle à couper le souffle suspendu dans les airs.
  4. La croisière panoramique d’Hakone : Depuis Togendai, de décorés « bateaux pirates » naviguent sur le lac Ashi. C’est un peu kitsch mais amusant, et la vue sur le torii rouge du sanctuaire Hakone debout dans l’eau avec le Fuji en arrière-plan est l’image de carte postale quintessentielle du Japon.
  5. Le bus Hakone Tozan : Complète la boucle jusqu’à la gare.

Owakudani : la grande vallée en ébullition

Owakudani est le cœur volcanique d’Hakone. Créé par l’explosion du mont Hakone il y a environ 3 000 ans, cette zone est encore très active.

  • Fumerolles sulfureuses : De la vapeur blanche s’échappe des évents dans le sol, et l’odeur de soufre (œufs pourris) flotte lourdement dans l’air. Le paysage est désolé et jaune, un contraste saisissant avec les forêts vertes environnantes.
  • Les œufs noirs (Kuro-tamago) : La spécialité locale. Des œufs de poule ordinaires sont cuits à la dure dans les piscines de sources chaudes naturelles. Le soufre noircit les coquilles en noir charbon. La légende dit que manger un œuf noir ajoute sept ans à votre vie !

Le lac Ashi et le sanctuaire Hakone

Le lac Ashi (Ashinoko) est un lac de cratère formé après l’éruption volcanique.

  • Le sanctuaire Hakone : Niché dans la forêt au pied du mont Hakone, ce sanctuaire était populaire auprès des samouraïs. Son célèbre « Heiwa no Torii » (Porte de la Paix) se dresse dans le lac lui-même. Descendre la voie bordée de cèdres jusqu’au bord de l’eau offre un moment de tranquillité.
  • L’ancienne route Tokaido : Hakone était un point de contrôle critique sur l’ancienne route reliant Tokyo (Edo) et Kyoto. Les visiteurs peuvent encore marcher sur une section préservée de la route, bordée de grands cèdres plantés il y a plus de 400 ans pour donner de l’ombre aux voyageurs.

L’art de la relaxation : l’onsen

Hakone est l’une des destinations de sources thermales les plus célèbres du Japon. La ville de Hakone-Yumoto est la porte d’entrée, remplie de ryokan (auberges traditionnelles) et de bains publics.

  • Tenzan Onsen : Un complexe traditionnel niché dans la vallée, célèbre pour ses bains en plein air entourés de nature.
  • Yunessun : Un « parc aquatique de sources thermales » où vous pouvez vous baigner dans du vin, du café, du saké ou du thé vert (maillot de bain obligatoire). Idéal pour les familles.

Informations pratiques

  • Le Hakone Freepass : Ce pass est essentiel. Il couvre tous les transports de la boucle (train, funiculaire, téléphérique, bateau, bus) et le trajet aller-retour depuis Tokyo.
  • Visibilité du mont Fuji : Le Fuji est notoirement timide. Il est souvent caché par les nuages, surtout en été et l’après-midi. La meilleure chance de le voir est tôt le matin en hiver (décembre-février), quand l’air est sec et vif.
  • Comment y aller : Le train express « Romancecar » relie Shinjuku (Tokyo) à Hakone-Yumoto en environ 85 minutes.

Foire aux questions (FAQ)

Puis-je gravir le mont Fuji depuis Hakone ?

Non. Hakone est une zone d’observation. Les points de départ des sentiers d’ascension (comme la 5e Station) sont situés sur la montagne elle-même, accessibles en bus depuis une autre partie du parc national.

Le téléphérique est-il sûr ?

Oui, mais il ferme périodiquement en raison de vents forts ou de concentrations élevées de gaz volcanique depuis Owakudani. Vérifiez toujours l’état opérationnel avant de partir.

Peut-on faire la boucle en sens inverse ?

Oui ! Beaucoup de gens vont dans le sens anti-horaire (Bus → Bateau → Téléphérique…) pour éviter les foules, bien que l’itinéraire classique soit dans le sens horaire.

Les tatouages sont-ils autorisés ?

Comme dans d’autres onsen traditionnels japonais, certains refusent l’entrée aux clients tatoutés. Cherchez des établissements « tattoo-friendly » (acceptant les tatouages) ou réservez un bain privé.

Que faire s’il pleut ?

Hakone compte de nombreux musées de classe mondiale, comme le Musée en Plein Air d’Hakone (sculptures dans un cadre de jardin, avec un pavillon dédié à Picasso) et le Pola Museum of Art, excellentes options par temps de pluie.

La culture du ryokan : dormir à la japonaise

Hakone est l’une des meilleures destinations du Japon pour découvrir le ryokan — la maison d’hôtes traditionnelle japonaise — sans s’éloigner de Tokyo. Séjourner dans un ryokan n’est pas simplement dormir dans un hôtel de style japonais : c’est s’immerger dans un rituel qui remonte à plusieurs siècles.

À l’arrivée, le personnel vous accueille et vous invite à revêtir un yukata — une robe de coton légère — que vous porterez pendant toute votre séjour, aussi bien dans les espaces communs que, dans de nombreux établissements, dans les ruelles du village. La chambre dispose de tatamis au sol, d’un futon que les employés déroulent chaque soir pendant le dîner, et d’un petit salon avec une table basse (chabudai) où l’on sert le thé de bienvenue. La plupart des ryokans incluent deux repas dans le tarif : le dîner (kaiseki, un banquet de nombreux plats présentés comme une œuvre d’art) et le petit-déjeuner (washoku, une composition équilibrée de riz, soupe miso, pickles, tofu et poisson grillé).

Les onsen privés du ryokan — appelés kashikiri buro — sont des bains réservés exclusivement aux hôtes d’une chambre, idéaux pour ceux qui ont des tatouages ou préfèrent simplement une expérience plus intime. Les bains communs sont séparés par sexe et obéissent à des règles d’étiquette strictes : se laver minutieusement sous les douches avant d’entrer dans le bassin, ne pas plonger la serviette dans l’eau et garder le silence sont les usages de base à respecter scrupuleusement.

Art et musées : au-delà de la nature

Hakone possède une concentration de musées et de galeries d’art remarquable pour une destination de montagne. Ce phénomène n’est pas fortuit : dès l’ère Meiji, Hakone est devenue la villégiature de prédilection de l’élite intellectuelle et artistique de Tokyo, et cet héritage a laissé une empreinte culturelle permanente.

Le Musée en Plein Air d’Hakone (Hakone Open-Air Museum), inauguré en 1969, fut le premier musée à ciel ouvert du Japon. Ses 70 000 m² de jardins paysagés accueillent plus de 120 œuvres de sculpteurs de renommée internationale : Rodin, Miró, Calder, Giacometti et Henry Moore y sont représentés en permanence. À l’intérieur du parc, un pavillon dédié à Picasso abrite 200 œuvres originales de l’artiste espagnol, l’une des plus importantes collections de Picasso en Asie. La combinaison d’art monumental, de sources thermales accessibles dans l’enceinte et de vues sur les montagnes fait de ce musée une expérience entièrement singulière.

Le Pola Museum of Art est considéré comme l’un des musées les plus beaux du Japon sur le plan architectural. Sa structure de béton et de verre, conçue par l’architecte Kazuhiko Namba pour s’intégrer dans la forêt, laisse pénétrer la lumière naturelle à travers des verrières qui filtrent le vert du feuillage, créant une atmosphère contemplative parfaite pour sa collection d’impressionnistes français (Monet, Renoir, Cézanne, Van Gogh) et de céramistes japonais de tradition.

Les saisons à Hakone : quatre visages du même paysage

Le paysage d’Hakone se transforme radicalement au fil des saisons, et chaque période de l’année justifie une visite pour des raisons différentes.

Au printemps (mars-avril), les cerisiers en fleur (sakura) parsèment les abords du lac Ashi et l’allée du sanctuaire de rose pâle. Les Japonais pratiquent le hanami — la contemplation des fleurs de cerisier — comme rituel social profondément ancré dans la culture, et voir des familles étendues ou des groupes d’amis célébrer un pique-nique sous les cerisiers en pleine floraison est l’une des images les plus représentatives du printemps japonais.

En juin, le train Hakone Tozan offre l’un des spectacles les plus uniques du pays : la voie ferrée est littéralement bordée de milliers d’hortensias (ajisai) en fleur, dans toutes les nuances de bleu, mauve et blanc. Le train circule si lentement dans certains virages que les passagers peuvent presque toucher les fleurs depuis la fenêtre. Des voyageurs de tout le Japon font le déplacement exprès pour photographier ce phénomène éphémère.

En automne (octobre-novembre), les érables japonais teintent les versants boisés en rouge cramoisi et orange doré. La combinaison du koyo (feuillage automnal) avec le reflet du mont Fuji dans les eaux du lac Ashi produit des images d’une beauté presque irréelle, ce qui explique pourquoi les photographes réservent leurs séjours des mois à l’avance.

L’hiver est la saison la plus propice pour apercevoir le mont Fuji, et Hakone vit alors son côté le plus intime : moins de visiteurs, des onsen qui fument sous le ciel froid, et la possibilité de se lever à l’aube d’un matin de janvier pour voir le Fuji parfaitement enneigé briller au-dessus du lac comme une apparition.

Qu’est-ce que le Hakone Checkpoint (Hakone-juku) ?

À l’époque du shogunat Tokugawa (XVIIe-XIXe siècles), Hakone était le point de contrôle le plus important de tout le Japon sur la route Tokaido. Les autorités y vérifiaient qui entrait et sortait de la région d’Edo (actuelle Tokyo), recherchant principalement des armes de contrebande ou des personnes voyageant sans les laissez-passer requis. Le checkpoint original fut détruit, mais une réplique soigneusement documentée a été reconstruite en 1965 en bordure du lac Ashi. Elle abrite aujourd’hui un petit musée avec des armes, des documents d’époque et des représentations en cire des gardes du checkpoint. La visite dure environ 30 à 40 minutes et offre un contexte historique fascinant pour comprendre l’importance stratégique de Hakone dans l’imaginaire japonais.

Le Hakone Freepass vaut-il vraiment le coup ?

Dans la quasi-totalité des cas, oui. Le Freepass de 2 jours couvre le billet aller-retour depuis Shinjuku sur le Romancecar (ou train ordinaire) ainsi que tous les transports de la boucle (train de montagne, funiculaire, téléphérique, bateau et bus). Acheter chaque billet séparément revient considérablement plus cher. De plus, le pass offre des réductions dans des dizaines d’attractions, de musées et de restaurants de la zone, ce qui augmente encore sa valeur réelle. Il s’achète aux guichets de la gare de Shinjuku ou sur le site d’Odakyu.